Ce site a été réalisé avec la participation de :
Organisation Internationale de la Francophonie Ministère des Affaires Etrangères et Européennes Ministère de la Culture et de la Communication Bureau International de l'Edition Française Centrale de l'Edition Syndicat National de l'Edition
  Chercher
vendredi 19 septembre 2014 ..:: Accueil » Cameroun ::..   Connexion
  Cameroun
 Choix d'un pays Réduire

  





 Le marché du livre au Cameroun Réduire

 

  1. Historique et conjoncture
  2. Les acteurs du livre au Cameroun
  3. La diffusion du livre français au Cameroun et les échanges avec les éditeurs français
  4. Politique du livre et coopération franco-camerounaise

 


Historique et conjoncture

Aperçu des relations franco-camerounaises

Le Cameroun a connu jusqu’au milieu du XXe siècle plusieurs vagues de colonisation successives, qui l’ont vu passer sous tutelle allemande, française, puis franco-britannique. L’indépendance acquise en 1960, n’a pas mis un terme aux relations entre la France et le Cameroun, puisque ce pays reste le premier partenaire commercial de la France en Afrique noire, tout en maintenant des liens politiques et culturels forts avec Paris.

La France est ainsi le 3e client et le 1er fournisseur du Cameroun. Elle est aussi le premier investisseur étranger avec une centaine de filiales employant quelque 30 000 personnes et plus de 200 entreprises appartenant à des ressortissants français dans tous les secteurs d’activité de l’économie camerounaise.

 

 

2005
2006

 Importations depuis la France 

445 M €

498 M €

 Exportations vers la France 

332 M €

511 M €

En matière de coopération culturelle, les deux pays sont étroitement liés : en 2005, la programmation du ministère des Affaires étrangères français pour le Cameroun s’élève à 10,5 Millions d’Euros. Depuis 2006, le Cameroun bénéficie par ailleurs du Contrat de désendettement pour le développement (C2D) le plus important jamais signé en Afrique, dont le montant atteint 537M € sur 5 ans (2006-2010).

Langue, culture, francophonie

Le Cameroun est caractérisé par son bilinguisme, fruit d’une histoire coloniale complexe. La Constitution camerounaise consacre ainsi le français et l’anglais langues officielles du pays. Parmi les quelque 300 langues camerounaises, seul le pidgin-english conserve une importance notable dans les grandes villes et les provinces frontalières. Hormis cela, le pays demeure majoritairement francophone (78 % de la population), en particulier à Douala, capitale économique, et Yaoundé, capitale politique. Cette proximité linguistique avec la France se retrouve au niveau politique, le gouvernement camerounais se montrant largement francophile.

L’anglais et le français sont également les langues essentielles de l’éducation primaire, secondaire et supérieure, avec une domination du français, en particulier dans les universités. Ces chiffres doivent cependant être nuancés au vu du taux relativement élevé d’analphabétisme (40 %). La maîtrise du français et l’anglais reste donc concentrée au sein des populations scolarisées qui sont aussi les plus aisées.

Situation du marché du livre au Cameroun

Le secteur de l’édition camerounais est encore en phase de structuration et demeure handicapé par l’étroitesse du marché, lié à la faiblesse du pouvoir d’achat de la population locale. Selon le Réseau des éditeurs camerounais (le Rec), il y aurait 2,5 millions de lecteurs possibles au Cameroun pour le marché du livre ordinaire.

Politique du livre au Cameroun

Le développement du marché du livre n’est pas sans rapport avec la politique du livre mise en place par les autorités camerounaises:

- Une direction du livre et de la lecture a été créée au sein du Ministère camerounais de la Culture en 2005.

- Le Cameroun est signataire des accords de Florence sur l’importation des objets à caractère éducatif, scientifique ou culturel. Les accords de Florence encouragent la libre circulation des livres et d’autres biens culturels. Les pays signataires s’engagent notamment à ne pas appliquer de droits de douane à l’importation de livres et à consacrer des ressources à l’importation de livres destinés aux bibliothèques publiques.

- La TVA livre n’est pas exonérée au Cameroun et s’élève à 18,7 %. En revanche, depuis juillet 2006, les prix de vente maxima publics des livres et manuels scolaires sont fixés par le Ministère du Commerce. Cette décision, qui rencontre des résistances, est accompagnée de sanctions en cas de manquements.

retour au sommaire

Les acteurs du livre au Cameroun

Les structures éditoriales

L’édition en Afrique subsaharienne reste peu développée : en 1990, l’Afrique toute entière représentait 1 % de la production éditoriale mondiale, tout en comptant 12 % de la population mondiale. En 2004, le catalogue des éditeurs africains comptait 1 306 titres, contre 600 000 pour la base de données françaises d’Electre. Dans ce marché encore en phase de développement, le Cameroun est l’un des pays les plus importants, au 2e rang des pays africains producteurs de livres. Le nombre de maisons d’édition reste cependant relativement faible : on en dénombrait à peine une dizaine en 2004, la plupart créées dans les années 1990.

Les contraintes qui pèsent sur les éditeurs les contraignent à orienter leur catalogue. Certains d’entre eux sont généralistes : les éditions CLE, l’une des premières maisons d’édition francophone d’Afrique (fondée en 1963) et l’une des plus importantes, dispose d’un catalogue qui couvre la littérature, la jeunesse, le scolaires, les sciences humaines et sociales. D’autres éditeurs, en revanche, se spécialisent : les Presses universitaires d’Afrique sont ainsi spécialisés dans les sciences sociales, tandis que les Eidtions Akoma Mba publient essentiellement de la littérature jeunesse.

D’une manière générale, les tirages se font rarement au-delà de 1000 exemplaires Les ouvrages les plus populaires s’écoulent par la suite au rythme d’une centaine par ans.

Autre tendance assez forte, la production à compte d’auteur, qui voit les auteurs délaisser les éditeurs traditionnels au profit d’imprimeries qui assurent la fabrication des ouvrages sans l’avis d’un comité éditorial professionnel. La part d’édition d’imprimerie augmente donc, mais au détriment de la qualité : de nombreux ouvrages sont mal paginés, avec une mise en page approximative et de multiples coquilles.

Il convient également de citer les associations d’éditeurs et de libraires d’Afrique qui comprennent le Cameroun : 6 éditeurs camerounais sont membres d’Afrilivres, association d’éditeurs d’Afrique francophone subsaharienne ; plusieurs d’entre eux sont également membres de l’Apnet (pout l’édition locale en Afrique) ou de l’alliance des éditeurs indépendants. Deux associations d’éditeurs ont été conçues au Cameroun : l’Association des éditeurs du Cameroun (AEC) et le Réseau des éditeurs du Cameroun (REC).

Type d’ouvrages publiés

- le livre scolaire : Le marché du livre scolaire représente environ 10 milliards de francs CFA (15 millions d’euros), mais la part des éditeurs locaux dans cette production est relativement faible et en baisse (22,7 % en 1994-1995, 12,7 % en 2004-2005) . L’institut national de la statistique estime quant à lui que les Camerounais dépensent annuellement 42 milliards de francs CFA pour acquérir des livres scolaires, selon l’enquête camerounaise des ménages (Ecam II) réalisée en 2001.

- la littérature : la part la plus importante des ouvrages publiés par des éditeurs camerounais est consacrée à la littérature, soit près de la moitié des livres disponibles en 2004, selon le catalogue Afrilivres.

Réseau de distribution, points de vente

Les réseaux de distribution sont très lacunaires en Afrique, en particulier lorsque la distribution des manuels scolaires se fait gratuitement par des organismes d’Etat. Tel n’est pas le cas du Cameroun qui a privatisé son principal fabricant de livres scolaires, le CEPER, en 1998, ce qui a nécessité de mettre en place des organismes de distribution dans chacune des cinq régions du pays.

Le Cameroun est un des pays d’Afrique francophone qui dispose du meilleur réseau librairies. On dénombre cinq librairies principales à Yaoundé, parmi lesquelles La librairie des peuples noirs fait figure d’institution locale, tout comme la Librairie Clé ou Saint-Paul. Douala, capitale économique du pays, dispose de quatre grandes librairies.

On peut distinguer différents types de points de vente :

- Les librairies évangéliques : celles-ci occupent une place importante dans l’accès au livre en Afrique. A l’origine, ces librairies ne vendaient que des ouvrages scolaires et religieux, mais le succès a permis à certaines d’entre elles de se transformer en librairies générales. On trouve également des librairies évangéliques à la tête de petits réseaux de librairies autonomes rattachées aux paroisses des villes moyennes où elles sont implantées.

- Les libraires indépendantes : il s’agit d’un secteur récemment développé par de jeunes entrepreneurs volontaires et ambitieux, qui ont lancé plusieurs librairies de ce type telles la Librairie jeunesse à Douala. Nombre de ces librairies sont membres de l’Association internationale des libraires francophones.

- Les librairies par terre ou au poteau : la vente d’ouvrages sur les trottoirs des villes fait partie du commerce informel du livre en Afrique noire. Les libraires improvisés sont des commerçants à l’activité tantôt permanente au travers de petites échoppes (livres divers à destination populaire, romans sentimentaux, policier ou bandes dessinées, livres pratiques), tantôt temporaire lors de la rentrée des classes. Les livres vendus sont souvent d’occasion, soit achetés en France en tant qu’ouvrages soldés, soit rachetés à leurs clients pour être revendus. Ces livres sont vendus à un meilleur marché, de sorte que ce type de commerce concurrence fortement les librairies officielles, en particulier sur le livre scolaire où le prix est normalement fixé par l’Education nationale.

retour au sommaire

 

La diffusion du livre français au Cameroun et les échanges avec les éditeurs français

Le Cameroun est l’un des principaux marchés d’importation de livres français en Afrique. Il s’agit essentiellement de livres et manuels scolaires.

 
Année
2002
2003
2004
2005
2006

 Montant des importations 

5,9 M €

5,25 M €

4,4 M €

5,05 M €

5,6 M €

 

Les libraires n’ont pas recours à l’importation directe et préfèrent passer par l’intermédiaire d’exportateurs. Le marché camerounais est ainsi dominé par deux importateurs : la filiale des NMPP (Messapresse) et le grossiste Etape 2. Ces derniers totalisent plus de 80 % des importations de livres.

- éditions Sud-Sud, avec des co-éditions inter-pays, et/ou panafricaines, telles que celles impulsées par l’Alliance des éditeurs indépendants.

- La cession de droit d’ouvrages en langue française pour le Cameroun est quasi-inexistante depuis plusieurs années.

Les défis liés à l’importation du livre francophone

Plusieurs obstacles perturbent fortement la distribution de livres francophones d’importation au Cameroun. La principale difficulté est le prix de vente du livre, qui avoisine en moyenne 10 000 francs CFA, une somme décourageante face au pouvoir d’achat des Camerounais. A l’importation, le coût du transport et les charges de diffusion augmentent d’autant le prix de vente. S’agissant des coéditions, le faible tirage des ouvrages (souvent 1000 exemplaires) ne permet pas non plus de réaliser d’économies sur l’impression.

Il existe également des problèmes liés à l’approvisionnement : les éditeurs manquent fréquemment de stocks et la chaine offre-demande n’est pas toujours organisée de façon satisfaisante. Plus généralement, c’est la situation financière des libraires qui se révèle délicate : ils subissent les aléas de la distribution, le coût du transport, les délais d’acheminement et le montant des diverses taxes. Ils rencontrent par ailleurs des difficultés pour accéder au crédit bancaire.

Coéditions et cessions de droits

- Les collections spécifiques : certains éditeurs français ont conçu une offre spécifiquement destinée à l’Afrique noire. Ceci concerne en particulier des acteurs du livre scolaire (Nathan, Edicef, Hatier International), mais également des collections de livres de poche, des livres jeunesse, des dictionnaires et des atlas.

- La coédition : cette solution a la faveur de nombreux éditeurs car elle favorise le partage des tâches, l’échange de techniques et de compétences diverses, tout en garantissant une sociabilité interprofessionnelle. Elle permet en outre de réaliser des économies d’échelle en mutualisant les frais de droits d’auteur, de prépresse, de fabrication, de transport, de stockage, etc. Certaines de ces coéditions sont montées par les éditeurs français, soit avec un seul éditeur camerounais, soit avec plusieurs éditeurs africains (Guinée, Côte d’Ivoire, Mali) dont un camerounais. Ce fut notamment le cas d’une collection d’albums jeunesse intitulée Le Caméléon vert, lancée en 1999 par Edicef avec plusieurs éditeurs africains.

- Il existe également des coéditions Sud-Sud, avec des co-éditions inter-pays, et/ou panafricaines, telles que celles impulsées par l’Alliance des éditeurs indépendants.

- La cession de droit d’ouvrages en langue française pour le Cameroun est quasi-inexistante depuis plusieurs années.

retour au sommaire

Politique du livre et coopération franco-camerounaise

Pour faire face à ces difficultés, plusieurs acteurs français sont mobilisés.

La Centrale de l’édition contribue également à faire baisser le coût du transport par des négociations directes avec les transporteurs : elle se charge d’acheter la prestation du transport avant de la revendre aux librairies diminuée, le cas échéant, d’une subvention abondée par la Direction du livre. En 2006, 676 tonnes ont ainsi été transportées vers le Cameroun (par voie aérienne uniquement), grâce à près de 56 000 euros de subvention. Enfin, la Centrale accorde également une aide financière destinée à accroître et diversifier les fons de librairie, grâce à des financements du Centre national du livre.

Le Ministère de la culture apporte également son soutien à travers l’aide à la diversification des fonds proposée aux libraires à l’étranger. Parmi les librairies au Cameroun qui en ont dernièrement bénéficié, on peut citer la librairie professionnelle à Douala en 2007 qui a pu ainsi développer de façon considérable son offre en ouvrages techniques.

De son côté, le ministère des Affaires étrangères a entrepris de venir en aide au secteur de l’édition au Cameroun dans le cadre d’une politique de coopération pour le livre. De même, le Bureau du livre a soutenu en 2007 un projet de fusion de trois petites maisons d’édition (Proximité, Interlignes et Ronde des poètes). En matière de livre scolaire, libraires et étudiants camerounais peuvent bénéficier depuis 1988 du Programme Plus (Programme livres universitaires scientifiques) qui permet de distribuer ces livres avec un prix de vente inférieur à 50 % du prix catalogue. En 2006, plus de 15 000 ouvrages ont ainsi été distribués au Cameroun dans le cadre de ce programme.

Les éditeurs français ont apporté leur pierre au développement du marché du livre camerounais en pratiquant des politiques de bonification de prix ou des prix Sud. Ces opérations ne se font pas à perte et présentent l’intérêt d’une diffusion plus large.

Le développement du secteur de l’édition au Cameroun passe également par l’essor de centres culturels sur l’ensemble du pays ainsi que de structures de lecture publique. La France dispose pour sa part de deux Centres culturels français, à Douala et à Yaoundé, dotés de bibliothèques, de salles de presse, de spectacles, de conférences et d’expositions. Il existe par ailleurs cinq alliances franco-camerounaises, réparties sur l’ensemble du territoire.

retour au sommaire


  
 Carte Réduire
Carte du Cameroun
© M.A.E.


Cliquez sur la carte pour l'agrandir.


  
 Liens utiles Réduire

  
(c)2008  - Conditions d'utilisation - Confidentialité